âšïžâšïžComment crĂ©er un lieu refuge Ă la campagne quand on ressent lâappel dâune vie plus simple, plus autonome et plus alignĂ©e avec la nature ? Par oĂč commencer sans idĂ©aliser, sans se ruiner, et sans tout quitter sur un coup de tĂȘte ?
Depuis plusieurs annĂ©es, une chose est devenue Ă©vidente : le monde sâaccĂ©lĂšre.
Crises économiques, bouleversements climatiques, tensions sociales⊠Les repÚres vacillent.
Et au milieu de tout cela, un besoin profond émerge. Celui de créer un lieu refuge.
Pas pour fuir.
Pas pour sâisoler du monde.
Mais pour bùtir un espace de stabilité et de sécurité.
Un lieu oĂč lâon peut prendre soin du vivant.
Un endroit oĂč planter des arbres, cultiver la terre, ralentir, transmettre.
Câest ce besoin qui mâa poussĂ©e, en 2018 avec ma premiĂšre tiny house, puis en 2022 en mâinstallant dans la ferme de mes grands-parents, Ă crĂ©er mon propre lieu refuge Ă la campagne.
Aujourdâhui, depuis ma tiny house, je regarde par la fenĂȘtre le verger que jâai plantĂ©.
Ce qui nâĂ©tait quâun prĂ© Ă vaches devient progressivement un Ăźlot de biodiversitĂ©.
CrĂ©er un refuge nâest pas un projet immobilier. Câest un vĂ©ritable choix de vie !
Dans cet article, je te partage tout ce qui me semble important Ă savoir avant de commencer.đż
Les vraies questions Ă se poser (avant de foncer tĂȘte baissĂ©e)
Avant de chercher un terrain sur Le Bon Coin ou de calculer combien coĂ»te une tiny house (ou un autre type d’habitat), il y a des questions essentielles Ă se poser. Des questions qui font un peu peur parce qu’elles nous obligent Ă ĂȘtre honnĂȘte avec nous-mĂȘme.
Qu’est-ce que je cherche vraiment ?
Pour moi, au dĂ©but, c’Ă©tait assez flou. Je voulais juste « une vie plus simple », « ĂȘtre en lien avec la nature », « vivre selon mes valeurs ». Mais concrĂštement, ça voulait dire quoi ?
Je ne voulais pas juste un pied-à -terre pour les week-ends. Je voulais vraiment vivre à la campagne, créer mon habitat, avoir un jardin, des poules, un verger. Mon intention était de transformer la ferme de mes grands-parents en un refuge de biodiversité grùce aux principes de la permaculture.
Aujourd’hui, je suis encore en chemin, mais le terrain sur lequel nous vivons a dĂ©jĂ bien changĂ©. Plus rien Ă voir avec le prĂ© Ă vaches d’il y a quelques annĂ©es !
Désormais, il existe plusieurs espaces :
- 2 espaces de vie avec nos 2 tiny house autoconstruites (la mienne et celle de mon compagnon)
- Un espace rĂ©servĂ© aux tentes que nous installons l’Ă©tĂ© et que nous louons en airbnb pour des voyageurs de passage
- 1 mandala potager (entourĂ© d’une trentaine de petits fruitiers)
- 2 vergers
- 1 mare
Tout cela ne s’est pas fait en un jour et nous continuons Ă dĂ©velopper de nouveaux espaces sur le terrain en prenant soin de laisser des zones « sauvages » afin d’y crĂ©er de plus en plus de vie. đ§Ą
Et toi, ton lieu refuge, ce serait quoi exactement ? Un endroit pour te ressourcer le week-end ? Un projet de vie Ă temps plein ? Un lieu pour crĂ©er des chambres d’hĂŽtes, une micro-ferme, un atelier d’artisan ? Cette question n’est pas anodine, parce que selon ta rĂ©ponse, tu ne vas pas chercher le mĂȘme type d’endroit, ni avoir besoin du mĂȘme budget.
Est-ce que je veux vraiment vivre Ă la campagne ou est-ce que j’idĂ©alise ?
Soyons honnĂȘtes : entre les publications qui font rĂȘver sur Instagram et la rĂ©alitĂ© du quotidien Ă la campagne, il y a parfois un fossĂ©…
A l’instant oĂč j’Ă©cris ces lignes, il pleut depuis plusieurs jours et je ne quitte pas mes bottes dĂšs que je traverse notre terrain haha ! La vraie vie Ă la campagne ! đ
Il faut dire que la campagne, c’est beau et ressourçant, mais c’est aussi :
- Parfois isolĂ© socialement (les apĂ©ros improvisĂ©s dans un cafĂ© en ville, c’est plus compliquĂ©)
- Moins de services à proximité (et oui, parfois il faut faire 20 km pour acheter du pain)
- Des travaux physiques rĂ©guliers (porter du bois, s’occuper du jardin, rĂ©parer des trucs)
- Un rythme diffĂ©rent (les saisons imposent leur tempo, pas d’autre choix que de s’y adapter)

CrĂ©er son lieu refuge Ă la campagne : c’est aussi pouvoir partager le lieu avec d’autres personnes đ§Ą Ici une photo de l’une de nos tentes que nous installons l’Ă©tĂ© pour accueillir des voyageurs en Airbnb.
Choisir son lieu : au-delĂ de la carte postale
đżQuand on imagine son lieu refuge Ă la campagne, on pense souvent d’abord au paysage. Une belle vue, de la nature, du calme. Mais avec le recul, je me rends compte que d’autres critĂšres sont tout aussi importants au quotidien.
Les vrais critĂšres qui comptent
L’accessibilitĂ© en toute saison
Si ton terrain est au bout d’un chemin de terre qui devient impraticable dĂšs qu’il pleut, ça va vite devenir compliquĂ©. Pense aussi Ă l’hiver : est-ce que la route est accessible ? Est-ce que tu peux sortir facilement en cas de besoin ?
Les services de proximité
Avoir des commerces Ă moins de 20-30 minutes, c’est quand mĂȘme pratique. Surtout quand il te manque un ingrĂ©dient pour le dĂźner…
Le voisinage
Tes voisins peuvent vraiment faire la diffĂ©rence entre une installation heureuse et une galĂšre. Dans mon cas, avoir ma grand-mĂšre Ă cĂŽtĂ©, c’est Ă©videmment un gros atout. Mais au-delĂ de la famille, c’est quand mĂȘme chouette d’avoir des voisins bienveillants et qui acceptent les « nouveaux venus ».
L’exposition du terrain
Si tu veux crĂ©er un potager ou un verger, ce critĂšre peut ĂȘtre super important. Un terrain toujours ombragĂ© par exemple ne pourra pas te permettre de faire tout ce que tu veux.
Le calme
Notre lieu de vie actuel se situe Ă deux pas d’une autoroute. Pratique pour les dĂ©placements, mais ce n’est sincĂšrement pas de tout repos quand on entend le bruit de fond de la circulation…
Comment choisir concrĂštement ?
Dans mon cas, j’ai eu la chance de pouvoir m’installer dans la ferme de mes grands-parents. C’Ă©tait littĂ©ralement un retour aux sources. Mais mĂȘme avec cette option « toute trouvĂ©e », il y a eu des choses Ă vĂ©rifier, Ă anticiper.
Si tu dois chercher ton terrain de zéro, voici mes conseils :
- Visite plusieurs fois Ă diffĂ©rents moments de la journĂ©e et de l’annĂ©e si possible (un terrain magnifique en Ă©tĂ© peut ĂȘtre glauque en hiver)
- Ballade toi dans le village (va au marchĂ© local, Ă la boulangerie, au bistrot du coin â tu sentiras vite l’ambiance)
- Renseigne-toi sur le PLU (Plan Local d’Urbanisme) pour savoir ce que tu peux faire sur le terrain (construire, installer une tiny house, …). ExpĂ©rience vĂ©cue !
- VĂ©rifie l’assainissement, l’accĂšs Ă l’eau, la viabilisation : ce sont des gouffres financiers potentiels si tout est Ă faire…
- Prends ton temps. Vraiment. Ne te prĂ©cipite pas sur le premier coup de cĆur (dit la fille qui a fait totalement le contraire pour son premier terrain…) đ
Un terrain, c’est un engagement sur le long terme. Mieux vaut attendre de trouver le bon que de se prĂ©cipiter et le regretter aprĂšs.

La vue de notre fenĂȘtre l’Ă©tĂ© ! Une fois qu’on a trouvĂ© le bon terrain, ce n’est que du bonheur ! âšïž
Les compĂ©tences que tu vas devoir dĂ©velopper (et c’est normal de ne pas tout savoir au dĂ©but)
Quand je suis arrivĂ©e Ă la campagne en 2018, j’ai dĂ» tout (rĂ©)apprendre. Faire mon potager, adopter mes premiĂšres poules, planter un arbre, … Le comble alors que j’ai vĂ©cu toute mon enfance et mon adolescence Ă la campagne !
Et c’est OK de ne pas tout savoir au dĂ©part. L’important, c’est d’ĂȘtre prĂȘt(e) Ă apprendre. On expĂ©rimente, on fait des erreurs, et on recommence !
Ce que j’ai dĂ» apprendre
Le jardinage et la permaculture
Mon premier jardin Ă©tait⊠comment dire⊠catastrophique ? đ Des plants qui grillent en plein Ă©tĂ©, des salades dĂ©vorĂ©es par les limaces, des tomates qui ne donnent rien. Mais petit Ă petit, en lisant, en observant, en testant, j’ai appris tellement de choses sur le vivant. Aujourd’hui, je ne peux pas dire que je sois une experte pour cultiver des lĂ©gumes, mais je suis autonome en petits fruits !
La permaculture, ça a Ă©tĂ© une rĂ©vĂ©lation. Comprendre qu’on peut travailler avec la nature plutĂŽt que contre elle, crĂ©er des Ă©cosystĂšmes qui se rĂ©gulent, observer avant d’agir⊠Ăa a complĂštement changĂ© ma façon de voir le jardin.
S’occuper des animaux
Mes premiĂšres poules ! Je me souviens de mon stress : comment ça fonctionne cette bestiole lĂ ? đ Comment savoir si elles ont tout ce qu’il faut pour aller bien, si elles sont en bonne santĂ©, … Je me suis posĂ©e mille questions.
Aujourd’hui, je connais mieux leur rythme (et le caractĂšre de chacune !). Mais au dĂ©but, j’ai pu apprendre Ă observer, et me retrouver confrontĂ©e Ă des problĂ©matiques que je n’avais pas anticipĂ©es (/ex : poux rouges, maladies, invitĂ©s surprises qui viennent manger toutes les cĂ©rĂ©ales des poulettes, …).
Le bricolage et l’entretien
Quand tu vis dans un habitat lĂ©ger comme une tiny house, ou que tu as un terrain Ă entretenir, tu ne peux pas appeler quelqu’un pour chaque petit souci. MĂȘme si c’est bien souvent mon compagnon qui s’en occupe, j’ai du quand mĂȘme apprendre Ă rĂ©parer et bricoler.
La gestion de l’eau, de l’Ă©lectricitĂ©, du chauffage
Vivre en tiny house m’a obligĂ©e Ă comprendre comment fonctionne vraiment une maison. L’eau (rĂ©cupĂ©ration d’eau de pluie, filtration), l’Ă©lectricitĂ© (mĂȘme si aujourd’hui nous n’avons pas de panneaux solaire), le chauffage (comme je l’explique dans mon article sur le chauffage en tiny house).
Ce sont des compĂ©tences que je n’aurais jamais dĂ©veloppĂ©es en vivant en appartement, et aujourd’hui, elles me rendent beaucoup plus autonome et confiante.
Les ressources qui m’ont aidĂ©e
- Les formations courtes : permaculture, autoconstruction, gestion de l’eau⊠Il existe plein de formations locales ou en ligne qui peuvent vraiment aider !
- Les livres et YouTube : une mine d’or pour apprendre par soi-mĂȘme. Il y a des chaĂźnes incroyables sur le jardinage, les habitats alternatifs, l’autonomieâŠ
- Les associations locales : tes meilleurs alliĂ©es ! La rencontre avec l’association « les croqueurs de pommes » a Ă©tĂ© vraiment hyper intĂ©ressante pour dĂ©velopper mes compĂ©tences pour l’implantation de mon nouveau verger.
- Les chantiers participatifs : j’ai participĂ© Ă un chantier participatif en Alsace avant de construire ma premiĂšre tiny house en 2017, et ça a Ă©tĂ© une expĂ©rience incroyable pour apprendre en faisant. Tu bosses avec d’autres personnes, tu Ă©changes, tu progresses ensemble.

Notre toute premiĂšre tiny house autoconstruiteđ§Ą
Ceci n’est qu’un aperçu des bases Ă poser pour crĂ©er son lieu refuge Ă la campagne. Dans les prochains articles, je te partagerais mon expĂ©rience d’installation et les premiĂšres choses que j’ai faites une fois arrivĂ©e sur le terrain.
N’hĂ©site pas Ă me poser des questions ou Ă me partager ce que tu aimerais voir comme contenu Ă ce sujet ! đ„°
Et si le coeur t’en dit, n’hĂ©site pas Ă partager cet article ! đ±
Je profite Ă©galement de cet article pour te partager un sommet auquel je participe en tant qu’intervenante parmi d’autres experts. Il s’agit d’un Ă©vĂšnement en ligne 100% gratuit : « Vie au Jardin â RĂ©-enchante ton quotidien au rythme du Vivant ».
Pour y participer tu peux simplement cliquer sur ce lien ici et t’inscrire !

le titre de ton article m’a interpellĂ©e et c’est un plaisir Ă lire et dĂ©couvrir.
Je pourrai rajouter voir les cultures autour et ce que font les agriculteurs. Pour éviter les maïs traités par exemple.
J’aimerai bien que tu partages les cours de permaculture et les formations que tu as faites et ton ressenti.
je vis Ă la campagne depuis plus de 20 ans mais dans une maison avec un Ă©norme terrain. J’ai beaucoup aimĂ© ton mandala potager.Merci beaucoup pour ton partage
Bonjour Béa et merci pour ton commentaire !
Effectivement je n’y avait pas pensĂ© mais choisir un terrain Ă©loignĂ© de champs de culture peut ĂȘtre effectivement un critĂšre important !
Je suis assez autodidacte dans l’Ăąme mais j’ai suivi une formation en ligne chez permaculture design et suivi aussi beaucoup de conseils via l’almanach d’Olivier Puech pour le potager.
Le choix est tellement vaste đ
Merci beaucoup pour ton retour đ