Il y a quelques jours, Facebook m’a rappelé une publication que j’avais faite il y a 4 ans. Je n’avais pas conscience que le temps pouvait passer aussi vite !

4 ans déjà que nous avons ramené notre tiny house dans les Ardennes, sur notre nouveau lieu de vie !

Je me souviens très précisément de mon état d’esprit à ce moment-là : partagée entre l’excitation et la peur de l’inconnu, entre la tristesse de tourner une page et l’intuition profonde que nous n’étions plus au bon endroit.

Il faut dire que cela n’était pas de tout repos d’envisager ce déménagement à 180km de chez nous !

Si tu traverses toi aussi une période de transition, peut-être que tu connais ce mélange étrange : vouloir partir… et avoir peur de tout perdre.

Tous les grands ou petits changements commencent par une décision.

Et ce matin du 27 février 2022 en faisait partie.

Cela faisait plusieurs mois que nous préparions ce déménagement.

Nous l’anticipions, nous le redoutions, nous le retournions dans tous les sens. Nous avions posé nos valises quelques années plus tôt dans une petite commune de l’Aube, remplis de rêves et d’espoir. Nous y avions installé notre tiny house, développé notre activité de construction de cabanes en bois, et commencé à bâtir quelque chose qui nous ressemblait.

Mais parfois, malgré toute l’énergie investie, malgré l’amour que l’on met dans un projet, les choses ne s’alignent pas :

Refus d’urbanisme pour notre projet d’hébergements insolites ;

COVID en pleine expansion de notre activité de construction de cabanes en bois ;

Déclassement de notre terrain en zone naturelle suite à la mise en place du PLU ;

Charges financières lourdes pour un local d’activité qui ne correspondait plus à nos besoins ;

Incertitudes sur le devenir de notre projet pro, tensions, fatigue accumulée ;

❌ S’ajoutait à cela des inquiétudes concernant nos relations avec le propriétaire du terrain où nous avions installé notre tiny house et où nous vivions. Nous avons attendu plus d’une année avant de pouvoir signer un bail avec lui attestant des dépenses que nous avions faites pour viabiliser le terrain. Et j’en passe !

Notre local d’activité presque entièrement vidé…

Quand on n’est plus au bon endroit, la vie finit toujours par nous le faire comprendre. Parfois doucement (ou parfois plus brutalement…!).

Alors un choix s’est imposé à nous :
Déménager. Recommencer. Et y croire encore. 🩷

🪄 Sans garantie de réussite

🪄 Sans certitude que notre couple résisterait à une nouvelle tempête

🪄 Sans savoir si nous n’étions pas en train de refaire une erreur

Mais avec le recul, rester aurait été pire…

Comment ça on déménage ??!

Nous avons donc pris la décision de partir nous installer dans les Ardennes, à 180km de chez nous. Nous avons arrêté notre activité de construction, déposé notre préavis pour notre local de 380m² (restait à trouver l’énergie de tout vider, vendre et donner…). J’ai repris un emploi salarié à temps plein et fait temporairement une croix sur ma liberté et mon rêve d’autonomie financière. Nous avons également posé une date pour le déménagement de notre tiny house. Quitter ce terrain sur lequel nous avions déployé tant d’énergie pour le rendre agréable me déchirait le coeur.

Tout me semblait une montagne à gravir. Je me sentais déjà tellement épuisée, vide de tout ce que nous avions traversé durant les dernières années. L’échec de ne pas réussir à faire vivre ce projet professionnel dans lequel nous avions déployé tant d’énergie (et d’argent), la déception de devoir se séparer de beaucoup de choses, …

Mais quand on a un rêve on s’accroche…

J’ai connu de nombreux déménagements. Des plus ou moins encombrants, des plus ou moins faciles, des plus ou moins lointains.

Mais celui là, ce n’était pas un déménagement comme les autres. Cette fois ci, notre projet d’installation concernait un terrain familial ; notre tiny house allait rejoindre le pré attenant à la ferme de mes grands parents !

Celui là était de loin le plus challengeant, émotionnellement parlant.

Il nous fallait recréer notre lieu de vie en partant de zéro.

Réorganiser un atelier de travail suite au départ de notre local d’activité de 380m² (machines à bois, stock de matériaux, …)

Réfléchir de nouveau à la question des réseaux (eau, électricité, assainissement) puisque le réseau existant de la ferme était trop vétuste pour que nous puissions nous y raccorder. Il fallait donc imaginer les branchements possibles, prévoir les coûts, anticiper les démarches administratives. Chaque détail redevenait une question, chaque solution demandait réflexion, énergie et parfois compromis.

Commencer un nouvel emploi.

✅ Et surtout… Apprendre à vivre en colocation avec ma grand mère de plus de 80 ans ! Ce n’était pas vraiment une colocation au sens classique du terme, puisque nous n’habitions pas sous le même toit et que chacune conservait son espace de vie (ma grand mère dans sa maison et nous dans notre tiny house). Mais vivre sur un même lieu demande forcément quelques ajustements ! 😉

L’arrivée sur la prairie en 2022 😲

Venir vivre et s’installer auprès de sa grand mère, c’est quand même quelque chose !

Moi qui ait toujours eu l’habitude de voler de mes propres ailes et surtout d’être libre, s’installer chez une personne de ma famille impliquait également de devoir s’adapter à l’autre.

Les repères se brouillent, les anciennes dynamiques ressurgissent, et il faut apprendre à se repositionner avec douceur mais fermeté pour que tout se passe bien !

Ma grand-mère a connu une autre époque, un autre rapport au travail et à la terre. Elle a vécu la ferme d’autrefois, les saisons rudes et l’économie de chaque ressource. Et moi, j’arrivais avec une tiny house sur roues, des projets d’hébergements insolites, un jardin mandala en tête et une vision plus alternative de l’habitat et de la liberté.

Il y avait, sans que cela soit conflictuel, deux mondes qui se rencontraient…😂

Tant d’énergie déployée depuis pour en faire notre petit coin de paradis !

D’ailleurs, beaucoup de peurs ont surgit à ce moment :

❔ »Vais je réussir à m’adapter et à me sentir bien ? »

❔ « Est ce que je ne vais pas déranger ma grand mère en bousculant son rythme ? »

❔ »Aurais je de l’espace et le sentiment d’être chez moi ? »

Tout se bousculait tellement en moi…

La question de l’intimité s’est aussi invitée rapidement : comment préserver notre couple, notre espace, notre rythme, lorsque la frontière entre “chez nous” et “chez elle” était si fine ?

Il a fallu du temps pour que chacun trouve sa place, pour que les repères se redessinent, pour que l’équilibre se crée.

Et c’est peut-être cela, la vraie transition de vie : pas seulement changer de lieu, mais apprendre à se repositionner intérieurement.

Si j’écris tout cela, ce n’est pas pour me plaindre. Mais simplement pour te rappeler qu’il y a toujours le soleil au bout du tunnel. ☀️

Il suffit de continuer à y croire…

J’aurais rêvé que la Virginie d’aujourd’hui puisse aller prendre par la main la Virginie d’il y a 4 ans.

La rassurer et lui dire que tout irait bien, et que la vie avait tout prévu pour que tout se passe bien.

Car quand on ose suivre ses rêves, tout finit toujours par s’améliorer, peut importe les épreuves rencontrées.

La prairie 3 années après notre arrivée !

Alors si tu es en plein doute, si tu envisages de changer de vie à la campagne, de tenter l’aventure d’un habitat léger, ou simplement d’écouter une petite voix intérieure qui te dit “ce n’est plus ici”…

Non, tu n’es pas fou/folle.
Non, tu ne rêves pas trop grand.

Parfois, la décision la plus inconfortable est aussi la plus juste.

Et quatre ans plus tard, je peux te le dire avec douceur : oser a été la meilleure chose que j’ai eu à faire !