Quand on choisit de vivre en tiny house, on remet beaucoup de choses en question.
La taille de son logement. Sa consommation. Son rapport à l’essentiel.
Mais il y a aussi des sujets auxquels on ne pense pas forcément au départ…
Comme l’assainissement des eaux usées par exemple !
Aujourd’hui, j’ai envie de vous expliquer pourquoi j’ai choisi une solution naturelle pour filtrer les eaux usées de ma tiny house avec la phytoépuration. Un sujet qui m’a beaucoup fait réfléchir ces dernières années, à la fois parce qu’il est technique… mais aussi fortement encadré par la réglementation 🙂
L’assainissement des eaux usées : un sujet qu’on ignore souvent
Quand je vivais en ville, dans mon appartement, je ne me posais jamais la question de savoir où partaient mes eaux usées.
Je faisais couler l’eau, je tirais la chasse… et l’eau disparaissait, comme par magie !
Je savais qu’il existait des stations d’épuration, mais honnêtement, ce n’était pas un sujet pour moi et je n’y avais jamais véritablement pensé.
C’est un système qui nous déresponsabilise complètement.
On consomme.
On rejette.
Et on ne se pose pas de questions.
Mais quand je suis arrivée à la campagne, à bord de ma tiny house, j’ai commencé à voir les choses autrement…
Assainissement collectif ou individuel : quelles différences ?
En France, il existe deux types d’assainissement :
- L’assainissement collectif : raccordé au tout-à-l’égout, géré par la commune
- L’assainissement individuel : chacun installe sa propre solution de traitement
Dans la majorité des communes, le raccordement au réseau collectif est obligatoire lorsqu’il existe (sauf exceptions en fonction de la situation du terrain par exemple).
Lors de notre première installation en tiny house, la mairie nous a demandé d’être raccordés à l’assainissement collectif.
Sur le moment, cela me semblait logique.
Puisqu’un réseau existait, pourquoi chercher une autre solution ?
Mon regard a changé quand nous avons eu à payer la facture lors de la viabilisation de notre terrain. C’est le poste de dépense qui nous a couté le plus cher (parmi les dépenses pour se raccorder à l’eau et l’électricité !) !

Notre ancien terrain en cours de viabilisation
3 200 € pour raccorder notre tiny house au tout-à-l’égout
Lors de la viabilisation de notre terrain, le raccordement à l’assainissement collectif a été le poste de dépense le plus élevé : 3 200 €.
À ce moment-là, j’ai découvert tout un univers dont je ne soupçonnais pas l’existence :
le SPANC (Service Public d’Assainissement Non Collectif), les normes, les contrôles…
Nous avons payé sans broncher puisque c’était une des conditions pour s’installer dans les règles.
Sauf qu’une deuxième surprise est arrivée avec les factures ! 😁
Car en assainissement collectif, chaque litre d’eau consommé est aussi facturé pour le traitement.
Sauf que dans notre tiny house, nous avons des toilettes sèches.
Nous rejetons uniquement :
- les eaux de douche
- les eaux de l’évier
- les eaux du lavabo
Autrement dit : des eaux grises peu chargées en polluants (en plus nous n’utilisons que des produits naturels et aucun produit chimique).
Je commençais sincèrement à grimacer à chaque fois qu’une nouvelle facture arrivait… Car non seulement nous n’avions pas l’impression que nos eaux nécessitaient un gros traitement et par ailleurs, même l’eau utilisée pour arroser le jardin était comptabilisée dans la facture d’assainissement.
Petit à petit, j’ai commencé à trouver cela incohérent… et même injuste.
Notre déménagement : une opportunité de choisir autrement
Lorsque nous avons déménagé dans notre nouvelle commune, nous avons eu la bonne surprise de constater qu’il n’y avait pas d’assainissement collectif. Chouette !
Ca voulait dire que nous allions pouvoir faire notre choix par nous même et choisir une solution plus adaptée à notre mode de vie.
Mais les recherches n’ont pas été simples.
Car en France, toute solution d’assainissement doit être validée par le SPANC.
Et la plupart des systèmes agréés sont dimensionnés pour des maisons classiques, avec des toilettes classiques à eau, qui amènent des boues et permettent ainsi à l’assainissement de correctement fonctionner.
Les solutions traditionnelles n’étaient donc pas adaptées à notre situation.

Toilettes sèches en tiny house
La phytoépuration : une solution naturelle et adaptée à la tiny house
C’est à ce moment-là que j’ai découvert la phytoépuration.
Une solution naturelle qui utilise les plantes pour filtrer les eaux usées.
Le principe est simple :
- les eaux grises passent d’abord dans un préfiltre
- puis elles sont envoyées dans un bassin filtrant composé de graviers et de plantes
- les racines et les bactéries naturelles nettoient l’eau
C’est un peu comme une mini station d’épuration naturelle dans le jardin.
Ce choix d’assainissement s’est imposé comme une évidence pour moi. Vivre en tiny house, c’est déjà faire le choix de la simplicité et de davantage d’autonomie. Alors pourquoi ne pas aller au bout de la démarche avec un système d’assainissement naturel, discret et respectueux de l’environnement ?
Au-delà de son côté écologique, la phytoépuration s’intègre parfaitement dans le paysage et devient presque un élément vivant du jardin, en accord avec mon envie de créer un lieu refuge à la campagne.
Trouver une solution adaptée et accessible
Nous avons eu la chance d’avoir un SPANC ouvert au dialogue. Ce n’est pas toujours le cas, et j’en suis très reconnaissante.
Les personnes avec qui nous avons pu échanger nous ont accordé l’installation d’une phytoépuration, la seule condition était de travailler avec un constructeur agréé.
Nous avons étudié plusieurs options, notamment la solution « Phytotiny » d’Aquatiris, mais le devis qui nous a été proposé dépassait 5 000 € par tiny house. Ce n’était pas compatible avec notre budget.
Nous avons finalement découvert PHYTOSTEP, une société belge spécialisée dans les solutions d’assainissement pour habitat léger, plus accessible financièrement.
Pour le moment je ne pourrais pas vous en faire un retour car nous sommes dans la phase d’installation !😁
Je n’ai donc pas encore le recul nécessaire pour vous faire un retour complet… mais je vous partagerai volontiers mon expérience dans quelques mois si cela vous intéresse !

Notre phytoépuration en cours d’installation 😉
Et vous, avez-vous déjà réfléchi à votre assainissement ?
C’est un sujet auquel on ne pense pas toujours…
mais qui prend tout son sens quand on choisit un mode de vie plus autonome.
Aviez-vous déjà entendu parler de phytoépuration ?
Est-ce une solution qui pourrait vous intéresser ?
Je serais ravie d’échanger avec vous en commentaire 🌿
Ton article me parle beaucoup.
Jusqu’à récemment, je n’avais jamais vraiment réfléchi à ce que devenaient mes eaux usées.
Ton choix de phytoépuration remet les choses à l’endroit, ça donne envie de creuser. Curieuse de ton retour dans quelques mois 🙂
Je trouve la démarche très intéressante. Mon père a utilisé ce système pour la filtration des eaux blanches de son exploitation agricole. Cela fonctionne très bien, il a même eu un prix pour la démarche et l’idée a été reprise dans d’autres exploitation. Dans le cas d’habitation individuelle, j’imagine qu’il faut des services à l’écoute. Bravo pour l’initiative.
Oui il y a des normes partout aujourd’hui! Cet article nous le montre bien avec le SPANC. Bravo en tout cas pour ces réalisations, ca donne envie de passer à la tiny house.
J’ai souvent réfléchi à l’épuration par les plantes. Chez moi, l’assainissement est individuel, car il n’y a pas de réseau — et finalement, c’est plutôt une bonne chose.
Je prévois d’aménager une petite cabane (atelier) dans ma pâture (non constructible), et j’aimerais y installer un système de phytoépuration. Cela fait des années que j’y pense, que je fais des plans. Mais le projet est régulièrement repoussé : soucis de santé, contraintes financières ou priorités plus urgentes…
Cet article tombe à point nommé pour me redonner l’élan nécessaire.
J’y ai trouvé plein de renseignements pratiques.
Je ne savais même pas qu’on pouvait filtrer les eaux usées via les plantes !! J’imagine que cela ne marche pas avec n’importe quelle type de plante ? Chez mes parents, il y a des toilettes sèches. Et c’est vrai que c’est tip top comme installation. Arès, encore faut-il avoir un endroit où mettre toute la sciure et tout le reste…